Mercredi 19 Septembre, Paris

J’avais un professeur de philo au lycée qui m’avait expliqué, qu’il ne fallait jamais écrire quand on était dans le sentiment.
C’est pour ça que j’ai laissé passer quelques jours avant d’écrire ce que je pensais.
C’était sur la chaine télévisée C8, que Monsieur Zemmour avait expliqué (dans un grand silence de la part du public et du plateau) que « Hapsatou » n’était pas un nom digne pour une « française ».
Le polémiste avait critiqué le choix des parents d’Hapsatou Sy de ne pas avoir choisi un prénom du : « Calendrier des Saints Chrétiens ».
Comme elle s’était vexée, il lui avait répondu très sérieusement : « Corinne, ça vous irait très bien ».

La question est donc celle d’être français : « C’est quoi être français(e) ? »
Pour moi, c’est être né(e) en France ou avoir des parents qui le sont, baigner dans cette culture depuis l’enfance, avoir été ou être scolarisé(e) puis devenir un(e) citoyen(ne) actif(ve).
Payer ses impôts (et ils sont nombreux), soutenir les diverses équipes sportives, connaître l’histoire, les valeurs, le patrimoine de ce pays.
Etre fier de sa gastronomie, ses diversités géographiques et surtout parler sa langue : le français.
Pour moi, être français(e) c’est ça.

D’après mes gènes , mes ancêtres venaient d’Afrique et plus précisément du Sénégal.
Ancienne colonie française où notre pays et ses dirigeants avaient soumis à l’esclavage la population locale.
Par ailleurs comme nous avons une culture d’assimilation et non d’intégration.
Ces hommes colonisés étaient donc français, citoyens de second rang dont l’usage de la langue française était obligatoire.
Ainsi que sa monnaie en 1945, le Franc CFA : « Franc des Colonies Françaises d’Afrique ».
Lors des grandes guerres mondiales du XXe siècle, ces hommes noirs étaient en première ligne pour aider les troupes au sol et on les appelait les « tirailleurs ».
Allez donc dire Monsieur Zemmour sur les tombes d’Abdoulaye, Sidi, Samba, Abdourahmane, Omar, Alassane, Almamy, Babacar, Elhadji, Ousmane et bien d’autres qu’ils n’étaient pas dignes d’être français.

Parce qu’un nom est une identité.
En insultant un nom, vous insultez une identité, vous insultez la France.
Vous insultez nombre de sportifs, de grands dirigeants, des personnes honnêtes, des travailleurs, des femmes, des hommes, des enfants qui font rayonner notre pays.

Je suis Marine, Liu, Ahlame, Coumba, Nargisse, Diane, Patricia, Léa, Justine, Clémence, Isaure, Aïssatou, Valérie, Sandrine, Gaëlle, Lucie, Lin-na et Hapsatou.

Je suis comme toutes ces femmes : française et devoir le justifier en 2018 est alarmant.